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Chiffre d’affaires T1 2017 : le plongeon

samedi 13/05/2017 par

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Après une année 2016 en demie-teinte, avec un résultat frôlant l’équilibre sans pour autant y parvenir, le premier trimestre 2017 devait clarifier la situation. Et autant dire... qu’elle l’est totalement.

Avec un chiffre d’affaires T1 2017 de 25M€, c’est un effondrement complet des ventes que la société affiche avec son communiqué financier : -37,8% par rapport à la même période en 2016, et même -42% sur le seul périmètre d’Archos (hors Logic Instrument).
La direction financière s’est d’ailleurs fendu d’un communiqué pour le moins concis, ne cherchant ni à justifier plus que de raison ces chiffres, ni à tenter de rassurer l’actionnaire sur l’avenir. C’est au moins ça de gagné par rapport aux anciens communiqués cache misère...

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Ainsi, il faut remonter à 2013 pour retrouver un chiffre d’affaires similaire (26,5M€) - et encore, Logic Instrument n’étant pas incorporé à l’époque.

A ce titre, au delà de la comparaison Année N vs Année N+1 sur le même trimestre, il est également intéressant de comparer l’évolution des chiffre d’affaires T4 vs T1 de ces dernières années :

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On remarque ainsi que l’épisode n’est pas inédit : si la tendance des deux dernières années montrait un affaissement de 27% des ventes lié bien évidemment aux fêtes de Noël qui booste le chiffre d’affaires de fin d’année (et donc du T4), l’année 2014 s’était également annoncée très délicate avec un chute similaire (48% versus 46% cette année). Une année 2014 qui s’est effectivement avérée très difficile pour Archos, avec une perte de 13M€ à la clef (résultat net).
Reste à savoir si Archos aura la capacité en 2017 de réajuster ses charges internes et son offre de produits plus rapidement qu’à l’époque pour éviter un tel scénario...

Le marché des tablettes en France et plus largement en Europe, qui se réduit progressivement à peau de chagrin, est bien évidemment pointé du doigt dans ce communiqué. Pour autant, il ne saurait masquer des raisons plus profondes que la direction se doit d’adresser au plus vite :

  • Une gamme de smartphones et tablettes devenue globalement illisible pour le consommateur tant les références sont nombreuses et la cohérence intergénérationnelle peu maintenue
  • L’absence totale, depuis un an, de produit phare réellement marquant et se distinguant suffisamment de la concurrence (la gamme Diamond n’ayant aujourd’hui plus rien d’éclatant...)
  • Une innovation passée sous silence : même l’intéressant concept PicoWAN semble aujourd’hui abandonné de toute nouveauté et toute communication, impactant qui plus est l’image de marque de l’entreprise

La principale bonne nouvelle est finalement à trouver du côté de Logic Instrument, qui continue de progresser avec +17% de ventes. Une croissance de bon aloi puisqu’elle touche un marché générant des marges plus confortables que celles du grand public.
Si le rachat partiel de cette société fin 2013 tarde à porter ses fruits, les synergies entre les deux sociétés semblent se concrétiser progressivement.

Le communiqué porte aussi l’attention du lecteur sur une reprise - timide ? - du marché des tablettes au second trimestre. Mais le communiqué lui même ne pas trop y croire.
Dans les motifs d’optimisme, sont listés :
- Le partenariat Kodak qui, s’il est réussi, pourrait apporter un regain de chiffre d’affaires appréciable (même si la marque n’est plus franchement dans l’air du temps...)
- Des nouvelles gammes de tablettes et de smartphones (encore !) qui pourraient relancer l’attrait des consommateurs
- Un appui supplémentaire grâce à la gamme de mobilité urbaine électrique, mais qui est objectivement aujourd’hui trop confinée pour faire la différence

Au final, on remarquera que Archos reste aujourd’hui emmuré dans son rôle de simple distributeur de produits - légèrement ajustés par rapport au catalogue de produits chinois.
La prise de risque, espérée avec le lancement de PicoWAN, semble définitivement enterrée.

Reste que, pour finir sur une note positive, la société Archos est (malheureusement) coutumière de ces plongeons soudains et qu’elle a toujours su jusqu’à présent trouver les clefs pour relancer son activité. C’est une qualité appréciable que certains concurrents, aujourd’hui disparu, auraient aimé avoir. Ces relances ayant toujours été faites par la conjonction de deux facteurs : un repositionnement plus pertinent de la stratégie produit... et le renflouement par les actionnaires.



Retrouvez le communiqué financier complet :

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