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Analyse - 5. Conclusion : Archos, la machine à survivre et non plus à innover

samedi 12/11/2016 par

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5. Conclusion : Archos, la machine à survivre et non plus à innover

Depuis maintenant 20 ans, l’entreprise a largement démontré sa capacité à déjouer les diagnostics de mort certaine, grâce à une réelle capacité de trouver les ressources nécessaires pour se relancer et se réinventer.
Mais cette capacité, qui était initialement portée par l’esprit créatif insatiable d’Henri Crohas à même d’inventer LE produit permettant de relancer l’activité de l’entreprise, est aujourd’hui insufflée par la vision marketing et financière de Loic Poirier.
En tant que PDG, Loic Poirier a surtout consolidé le business model de l’entreprise grâce à ses 3 points d’appuis : le smartphone, la tablette et les objets connectés.
Mais au final, jusqu’à présent, le résultat économique est globalement le même : l’entreprise survit mais ne décolle pas, Loic Poirier n’ayant jusqu’ici pas mieux fait que son prédécesseur.
En revanche, l’innovation est aujourd’hui quant à elle clairement en berne : seul PicoWAN, là-aussi inventé et porté initialement par Henri Crohas puis développé par la R&D interne d’Archos via Marc de Courville et ses équipes, constitue aujourd’hui un produit réellement original non sorti des linéaires chinois.

Alors certes, une R&D continue d’exister : des ingénieurs continuent de travailler d’arrache-pied sur le développement logiciel (application vidéo, optimisation des firmwares, correctifs des bugs issus des produits d’origine...), hardware (ajustements de certains form factors, sélection des composants...) ou sur le long et fastidieux processus de certification de Google Android (auquel grand nombre de concurrents ne s’astreignent pas).
Pour autant, elle n’est désormais plus là pour imaginer le futur, simplement pour ajuster des produits inventés et produits par les entreprises et usines chinoises, grâce au peu de moyens dont elle dispose désormais. Ce qui ne lui interdit d’ailleurs en rien d’être réellement à valeur ajoutée pour l’entreprise : les relations historiques avec Google en témoignent. Juste que l’intérêt du technophile n’est évidemment pas là.

Cette R&D permet à l’entreprise de capitaliser sur son savoir-faire historique à moindres frais, de réussir à survivre en tant qu’entreprise française indépendante là où ses concurrents directs ont échoué. Mais elle ne permet plus aujourd’hui de créer un produit en rupture, introuvable ailleurs. Ce qui interdit par conséquent tout espoir de voir un jour Archos se distinguer réellement sur le marché, d’être en rupture. Que ce soit technologiquement ou financièrement.
Le modèle actuel d’Archos condamne la société à rester dans cette logique de survie, portée par une vision court/moyen terme hyper-réactive. C’est par ailleurs ce qui fait sa spécificité à l’heure actuelle sur le marché.

Les "innovations" récentes de l’entreprise sont désormais à chercher principalement dans les nouveaux vecteurs commerciaux que l’équipe dirigeante peut dénicher. Le lancement de la Connected Avenue en est une preuve flagrante : l’innovation, la vraie, est désormais en grande partie hors des murs d’Igny.
Pour autant, les ressources internes en R&D d’Archos sont encore bien présentes au sein de l’entreprise, même si en moindre nombre. Le concept PicoWAN le prouve : elles conservent encore toutes leurs lettres de noblesse. Mais pour innover, il faut que l’entreprise sache prendre des risques et investir sur le long terme. Ce qui est en contradiction même avec le principe de la survie...


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