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Analyse - 2. L’innovation par les investissements financiers

samedi 12/11/2016 par

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2. L’innovation par les investissements financiers

Qu’est la R&D sans le budget associé ? Probablement rien. En conséquence, pour mieux comprendre l’évolution de l’innovation chez Archos, tournons-nous vers les communiqués et rapports financiers pour observer l’évolution du budget R&D chez la PME française...

(note : cet axe d’analyse reste évidemment largement perfectible compte tenu des stratégies comptables distinctes de chaque entreprise, pour lesquelles le déversement des budgets sur la ligne R&D constitue une des variables d’ajustement)

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Si les rapports disponibles n’ont pas pu nous permettre de remonter au-delà de 2008 (les montants des charges R&D n’étant pas disponibles dans les documents consultés), le constat est globalement sans appel : les charges en R&D se sont amoindries de façon quasi-continue depuis 2009, divisées par deux en montant (passant de 5M€ en 2010 à 2,5M€ en 2015) et par cinq rapportées au chiffre d’affaires ! (passant de 8,7% en 2010 à... 1,6% en 2015). Alors oui, certes, le chiffre d’affaires a doublé à partir de 2012 (sans que les dépenses R&D ne suivent) mais cette évolution montre bien que la R&D n’est plus au centre des activités de l’entreprise...

A titre de comparaison, quelques exemples de dépenses R&D pour d’autres entreprises technologiques :

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Références :
- AwoX / Cabasse
- Gemalto
- Logitech
- Netgem
- Parrot
- Soitec
- STMicroelectronics
- Oberthur Technologies : http://investors.oberthur.com/wp-content/private-upload-files/H1-2015-Financial-Statements.pdf
- Ingenico

Enfin, pour l’anecdote, Lacie - qui était une entreprise à l’époque proche d’Archos (car actionnaire) et rachetée depuis par Seagate, investissait en R&D 2,5% (5,2M€) en 2012 et 1,5% (3,9M€) en 2011. Qui se ressemble...

Ainsi, la comparaison est assez violente pour Archos : ces cinq dernières années, son taux investissement dans la R&D s’est globalement positionné dans la tranche la plus basse des sociétés technologiques étudiées. Seules deux sociétés, Gemalto et Oberthur (toutes deux sur le même marché des cartes à puces) ont des taux comparables. Loin, très loin des autres références qui sont quant à elles davantage portées sur du matériel électronique (et donc davantage comparables à la PME d’Igny).
La similarité est en revanche forte avec Lacie, dont la reconnaissance du grand public était davantage liée au design de ses produits qu’à son différenciant technologique quasiment inexistant.

>> Chapitre suivant : un repositionnement vital face à la transformation du marché


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