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005.Le "Game" de GamePad : que vaut-il du côté manette ?

jeudi 6/12/2012 par

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Le "Game" de GamePad : que vaut-il du côté manette ?

Attardons-nous un moment sur ce qui fait la spécificité de cette tablette : son optimisation physique et logicielle pour les jeux vidéo.
Je n’ai personnellement jamais accroché avec les jeux vidéo sur tablette. Dès qu’on dépasse la simplicité d’un angry bird dans un jeu, on se retrouve avec 25 boutons et gestes à faire sur l’écran.

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Cette gymnastique est rapidement épuisante. Étant un fan des FPS, je n’ai jamais pu faire des sessions de plus de 20 minutes. C’est rapidement saoulant et frustrant de mettre plusieurs longues et interminables secondes pour viser, se tromper de doigt, déraper et recharger à la place. Rien ne vaut un bon clavier-souris, ou à défaut une manette. De plus, une surface non négligeable étant réservée aux boutons, on perd en visibilité avec nos deux mains pleines de doigts sur les écrans...

Changement de donne : cette tablette comporte donc 14 boutons et deux joysticks.

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Les boutons sont très solides, les deux gâchettes L1 et R1 seront fréquemment utilisées (pédale d’accélération, gâchette de tir...). Celles-ci ne sont pas analogiques et donc ne transmettent qu’une seule info "action / absence d’action". Une gâchette analogique est généralement plus complexe, plus épaisse et plus chère. De plus, les jeux Android étant basés sur le concept du "j’appuie ou j’appuie pas" ce n’est pas un manque.
Ces gâchettes sont en plastique transparent, le rendu visuel est agréable.

Passons aux joysticks : ils sont petits et en position basse, ce qui, sans être une torture, ne constitue pas la position la plus agréable pour les pouces. Mais avec un peu d’adaptation on s’y fait. Ces joysticks numériques ne sont pas de simples croix directionnelles déguisées comme dans certains périphériques : ils acceptent bien toutes les directions (pas simplement haut bas droite gauche +/- valeurs intermédiaires) et aussi le niveau de pression mais leur course est assez rapide et ils sont souvent utilisés à leur position maximale. Maniés avec doigté et douceur, on peut cependant faire des gestes fins. Mais dans le feu de l’action, c’est plus délicat. Tourner un personnage doucement ne sera donc pas des plus aisés... Dommage.

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Le joystick est reconnu sur 360°



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Différents niveaux de pression sont également reconnus




La GamePad promet un meilleur gameplay en proposant un système alliant des boutons physiques et un mapping tool pour les exploiter. Et force est de constater que le système fonctionne plutôt bien !
Rien ne vaut une bonne vidéo pour présenter le système "mapping tool" et la tablette en action avec des jeux vidéo en 2D, en 3D, plus ou moins gourmand :





Que pouvons nous constater ?

Tout d’abord que mes performances sont loin d’être exceptionnelles dans le domaine du jeu vidéo et que ce n’est pas la faute de la GamePad ! Ensuite, on remarque que la flexibilité de l’outil made in Archos est impressionnante. De nombreux jeux ne nécessitent aucun réglage, le tout étant déjà intégré dans l’application elle-même (Shadowgun, Dead Trigger, Critical Strike...). Pour les autres, en revanche, la force du logiciel d’Archos prend tout son sens : il est possible de tout paramétrer, de A à Z.

- Le mapping tool agit comme une surcouche permettant d’assigner un bouton à une zone de l’écran tactile. Et avec 14 boutons, on a de quoi faire !
- Le mode joystick se base sur le même principe : simuler un doigt dans un cercle défini, généralement pour faire avancer le personnage
- Le mode cible est légèrement différent : il ne simule pas uniquement la position d’un doigt, mais aussi un mouvement de celui ci en "scroll", très utile pour diriger un personnage

Généralement tout fonctionne correctement. Quand cela ne fonctionne pas bien, deux fois sur trois, c’est lié à un mauvais paramétrage. Ce fut le cas dans Dead Trigger, qui était devenu inutilisable. Pour ce jeu, il était plus agréable de paramétrer les touches non pas via le Mapping Tool, mais directement par les paramètres du jeu lui-même, étant conçu de base pour les manettes. Ainsi, les joysticks sont reconnus automatiquement, et il ne reste qu’à faire les gâchettes et autres boutons.

De plus, cerise sur le gâteau, le mapping tool propose un mode "importation et exportation" qui permettra donc de sauvegarder et de partager ses configurations. Ainsi, il est certain que des configurations s’échangeront sur les forums (et le notre en particulier), ce qui facilitera la vie des utilisateurs lorsqu’un jeu nécessite un paramétrage complexe.
C’est aussi un moyen facile pour Archos de proposer, via des mises à jour du firmware par exemple, de plus en plus de jeux pré-paramétrés. En offrant un panel de mapping de plus en plus complet, la GamePad gagnera ainsi en crédibilité.

La gamepad peut changer radicalement l’expérience d’un jeu. Par exemple, Critical Strike, un counter strike sur Android, a été paramétré automatiquement par Archos. On le lance et tout est parfaitement fluide et opérationnel. Le contrôle est parfait et on peut enfin vraiment jouer à ce genre de jeux type FPS. Un régal.

On note cependant que les joysticks sont parfois limités, un peu trop petits, un peu imprécis. C’est surtout quand le jeu n’a pas été configuré par défaut que ces limitations peuvent être rageantes. C’est le cas par exemple de Duke Nuckem 3D, un très bon FPS.
Pour viser, parfois, le système s’emballe un peu et au lieu de faire un geste fin le personnage fait carrément un demi tour ! Ce jeu, difficile à manier en tout tactile, est tout de même bien plus jouable avec les boutons, même si ça merdouille un peu. Et peut être qu’une mise à jour l’inclura dans les jeux déjà paramétrés et rendra l’expérience aussi agréable et fluide qu’avec Critical Strike.

Ce mapping tool peut même être utilisé en dehors des jeux vidéo ! Bien sûr ce n’est certainement pas prévu pour, mais une dimension ludique s’ajoute alors à Android ! On peut ainsi assigner des actions pour toutes sortes d’applications, et même pour le bureau. Le principal intérêt est par exemple d’ajouter des raccourcis. On peut assigner une application du bureau à un bouton spécifique, faire de même dans le media-center et assigner ainsi des boutons à des fonctions (play/pause).

Enfin, et ce n’est pas un détail, la puissance remarquée lors des benchmarks se confirme ici en pratique : tous les jeux tournent sans broncher, sans lag et sans bug. Et cela même avec les applications riches, comme un émulateur N64. Ces émulateurs sont généralement plutôt gourmands car la puissance demandée pour émuler une console 3D n’est pas négligeable. Il y a quelques saccades, mais cela reste jouable et agréable à utiliser.

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La GamePad remplit donc facilement son contrat, en proposant un gameplay bien plus agréable pour les jeux sur Android.
Certes les joysticks sont un peu petits, un peu limités, mais c’est quand même bien plus agréable de jouer ainsi.
Certes certaines fois, le joueur se casse la tête à paramétrer un jeu, mais dans ce cas il faut, au choix :
- Effacer sa configuration et tester le mapping par défaut
- Reconfigurer avec patience
- Attendre une mise à jour ajoutant des jeux déjà paramétrés par Archos
- Chercher dans un avenir proche dans le forum un utilisateur ayant réussi à correctement paramétrer le jeu.

Pour 150€, la GamePad n’a rien à envier aux DS et autres PSVita. Nous détaillerons d’ailleurs cela en conclusion.

C’est doublement amusant de non seulement jouer à un jeu sur Android (comme sur n’importe quelle tablette), mais de le faire d’une façon totalement inédite sur cette plateforme (même si les manettes usb/bluetooth existent).
On est parfois surpris par la précision de ce procédé.
Cette "mablette" (hommage à la WiiU qui ont des traits en commun) est agréable à utiliser, même après une certaine période d’utilisation continue. Cependant on se crispe quand même un peu sur elle, surtout si on joue uniquement avec les joystick. En tous cas, je ne me suis pas senti aussi gêné que sur une Nintendo 3DS, où j’avais des fourmis et des crampes à la longue.
Cela peut néanmoins occasionner une gêne, qui est à comparer avec une gêne générée par une maniabilité "tout tactile". Pour moi, et je ne suis pas une référence absolue, je me sens beaucoup moins gêné avec ces boutons, même si c’est moins ergonomique que certaines manettes de consoles de salon.
Pour améliorer la prise en main des joysticks il faut prendre la tablette à bout de doigts pour que les pouces tombent sur eux, la prise en main est un poil plus instable, mais vos loges Thénar vous remercieront.

Comme toujours avec Archos, soit on est séduit, soit on déteste.
Il semble alors important que chacun teste la tablette dans des conditions réelles. Comme quand on teste l’écran 3D de la 3DS pour voir si on aime ou si on a la nausée :
- Soit la magie fait effet, il y a un relatif effet "Wahoo ! ça change carrément la vision des jeux vidéo sur Android" et dans ce cas là on achète
- Soit ça prend pas, ça embête plus qu’autre chose et on passe notre chemin

Espérons que les stands dans les grands magasins permettront de manipuler la GamePad d’Archos facilement, avec de bons jeux pré installés. Le produit le mérite largement.

Il y a cependant quelques petits défauts : pour une console de jeux, il est dommage de voir certains jeux mal fonctionner ou carrément non compatibles.
Ainsi, GT free HD passe très mal sur la tablette :

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BIA de gameloft, un FPS dans la lignée des Medal Of Honnor ne se lance pas, de même que Asphalt5 ou Modern Combat 2. Espérons qu’Archos indique clairement les jeux compatibles, vu que c’est le principal intérêt de cette tablette.
Reste que cette incompatibilité n’est bien évidemment pas liée à la caractéristique "console" de la tablette, mais uniquement à l’architecture matérielle (processeur en tête), qui se révèle moins compatible que les classiques Tegra 3. Une situation qui devrait néanmoins évoluer compte tenu du succès que semble remporter le processeur de RockChip...

D’autres titres comme Temple Run sont plus amusants : ils sont totalement compatibles, ils se lancent sans aucun soucis... mais un jeu en format "portrait" n’est pas très bien adapté pour cette tablette console prévue pour être maniée à l’horizontal !

Le sentiment général est donc clairement positif : pour 150€, le joueur a une console à part entière ET une tablette Android, sous Jelly Bean 4.1 pour ne pas gâcher, Dual core et tout le tralala pour avoir quelque chose de fluide. Côté console, c’est très amusant de se remettre aux jeux vidéo, de redécouvrir certains titres - anciens comme nouveaux - avec cette manette. J’apprécie l’innovation d’Archos avec cette tablette, dont le principe est poussé au maximum. Il n’y a quasiment aucune erreur, aucun défaut pour le mapping, ça marche bien et c’est plaisant.
Je crois que c’est le mot qui caractérise la Gamepad : plaisant.

>> Prochain chapitre : Autonomie, accessoires et détails

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